10/02/2010

Petites sirènes

Les mots se sèment à tout vent,

suivent des trajectoires surprenantes

ascendantes, descendantes,

forment des volutes et autres soubresauts,

passent furtivement d'une bouche à l'autre

d'une oreille à un double regard

et d'un regard à une main au hasard,

laissant dans leur sillage, dicrètes

des émotions, des sensations secrètes

des doutes, une lettre ouverte,

des illusions, des poussières de lumière,

un éclat de rire, une larme amortie

ou une douleur, une peur, une mélodie

d'envie fugace, de désir non-dit

mais tout si vite s'estompe et s'oublie

quand vient la marée qui reprend repentie

ses jolis coquillages avec ses murmures

pour ramener le tout vers les ondes obscures

lointaines et si froides qui embrassent

les épaves des verbes qui passent,

désespérés, qu'on n'entend plus chanter,

immobiles, figés dans les glaces

des doux miroirs à tiroirs,

se couchant sur les cheveux épars

de petites sirènes meurtries

qui iront ce soir  se blottir

sans plus aucune mémoire

de ceux qui les connaissaient

quand gaiment sur les vagues elles nageaient

Le silence sera à nouveau bruyant

recouvrant tous ces mots disparus à tout vent

11:38 Écrit par Tuala dans POESIE | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Joli comme Joli comme tout .

Écrit par : fraca14 | 10/02/2010

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