18/04/2010

Mon Oncle Piet

Dernier mâle à figure emblématique de la famille maternelle qui va peut-être bientôt nous quitter...ou bien...miracle ???

Hospitalisé depuis mardi...

J'ai un peu mal mais je ne sais pas vraiment où; j'ai de la peine, une sorte de peine retenue, pudique...

J'ai envie de me rappeler que je lui dois d'avoir pu exposer mes toiles pour la première fois en 1995.

Critique d'art, amateur averti, ami de grands peintres contemporains, Piet a toujours été aussi en marge du conventionnel...Un général d'aviation pas comme les autres !

Il a même publié un livre que je me félicite de posséder : 'Le Général Situationniste'

Mettre les pieds dans le plat est une des ses grandes spécialités.

Il croyait sincèrement en ce que je faisais en peinture abstraite ou semi abstraite...à condition d'avoir disait- il, soit un compagnon qui me soutienne à fond dans ma voie soit pas d'homme du tout dans ma vie ! On ne peut pas dire qu'il mâchait ses mots.

De lui, en pratique de la peinture, j'ai retenu et j'applique : savoir quand s'arrêter, la dernière touche , pas une de plus sous peine de tout détruire.

Autre leçon : observer, aller voir les travaux des autres, étudier les grandes oeuvres, surtout pas de formation académique. Un vernissage au moins par semaine, disait- il ...j'en suis loin et j'en suis triste...mais ma vie n'est pas finie...il me reste cet espoir d'encore pouvoir reprendre le fil...un jour...

La tournure de ma vie privée le décevait pour la seule raison qu'elle ne me faisait pas nourrir valablement ma capacité artistique...croire en soi...je n'ai plus cru en moi, ça fait longtemps,trop longtemps...il faut être fort mentalement pour croire en son art...c'était un choix : l'art comme boussole pour construire ma vie ...

Je n'y ai pas cru assez, pas soutenue, éloignée sans cesse de mes toiles vierges et de mes tubes...par d'autres obstacles. Puis, est venue la fatigue du combat, la mise au frigo, la résignation, la peur d'un égo trop exigeant, la perte de la liberté.

Je n'ai pas eu la force de me battre pour mon 'art'. J'ai abandonné. Je me suis sentie vide, comme si je n'avais plus rien à dire. Je me suis tue, ma peinture aussi. Là, maintenant, réalisant le fragilité soudaine de la vie de mon Oncle Piet, suspendue à un fil...peut-être que je retrouverai le dialogue avec elle...

J'ai mal en moi...

14:59 Écrit par Tuala dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

accoucher de toiles Oui, Jean-Marc, on en a parlé une fois et c'était bien le terme que j'utilisais moi-même pour parler de ce processus qui émanait de moi mais pas sans volonté, pas sans 'vouloir accoucher', ni sans douleur, ni sans soulagement et finalement à la joie de laisser l'oeuvre alors vivre par elle-même.
Pour atteindre un certain niveau de qualité tant sur la forme que sur le fond, cela demande du travail, du travail et encore du travail, de la régularité, cela demande de se nourrir mentalement, émotionnellement, intellectuellement...ne pas se laisser 'encombrer' ni l'esprit, ni le corps d'autres 'préoccupations'...et ça...je n'ai pas réussi parce que je n'ai pas le cran, l'autorité de l'arracher de force contre la volonté de ceux qui occupaient ma vie et me taxaient d'obsédée de la peinture ou que je pouvais très bien me contenter de faire la peintre du dimanche...en 'hobby'.
Entre moi et la peinture, c'était la passion, c'est vrai et comme tout art, il est exigeant, il demande des choix.
Il y avait quelque chose d'irraisonné dans cette relation à la peinture et je n'avais de cesse que de m'améliorer, de parvenir à faire passer des choses...et plus je peignais, plus je trouvais les chemins...mais voilà...j'ai été 'brisée' en quelque sorte dans cette quête...j'ai commencé à douter, douter de moi, douter de tout...

Écrit par : Josiane | 18/04/2010

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