07/06/2016

Il était une fois...conte à rebours (1)

Partie 1

 Je fus de ces jeunes filles fascinées par le conte de la Belle au Bois Dormant...évidemment, c’était de mon âge.

 Il faut également rappeler qu’à mon époque, au début des années 70, Internet et les multiples chaînes de programmes télévisés n’existaient pas encore. Nous n’avions ‘que les livres à images’ et les films de dessins animés de Walt Disney pour servir les contes façon Mojito glacé dans un bar kitch pseudo brésilien un soir d’été.

 Je ne peux pas dire que je me suis à l’époque glissée aisément dans un procédé d’identification à la ‘Belle’. Aurore était blonde et Princesse, j’étais brune et plutôt va-nu-pied. Elle a les yeux d’azur, je les ai brun sombre méditerranéen. Elle était gracieuse et moi il valait mieux ne pas me perdre des yeux dans un magasin de porcelaine. Peut-être avions-nous en commun les jambes, fines, bien formées et longues? Nous n’en saurons jamais rien car les jambes de Mademoiselle Aurore étaient peu montrées.

Par contre, les trois fées et la Vilaine Méchante Fée Noire m’intéressaient bien davantage! Les premières me faisaient sourire par le décalage évident entre leur statut de fée et leurs réactions et maladresses terriblement humaines.

 Quant à Maléfique, je ne lui trouvais que des circonstances atténuantes à ses diverses manœuvres dites ‘diaboliques’. On l’avait ignorée, on l’avait bafouée, mise à l’écart et devait vivre seule dans un affreux château avec pour seule compagnie des êtres difformes, idiots, suiveurs et vils. Il ne me paraissait pas illogique qu’elle déployât sa colère.

Dans mon esprit, c’était une femme de caractère, solitaire et en souffrance. En outre, je lui trouvais un côté ‘sexy’ comme on dit aujourd’hui, sans doute à cause de son habit noir et du rouge vif sang qui marquait ses lèvres.

 Le Prince Philippe, lui, il m’a fallu du temps pour le cerner et par conséquent avoir une opinion à son sujet. Ma première impression fut que je ne le trouvai pas particulièrement ‘futé’ mais surtout, il n’avait pas ‘choisi’ Aurore parmi d’autres candidates à son cœur. Non, il ne connaissait pas d’autres princesses mais lorsqu’il voit Aurore, il sait instantanément que c’est ‘elle’.

 Bref, absence totale de concurrence, un peu facile...le coup de foudre envoyé par Zeus qui s’ennuyait dans ses nuages et qui avait dû sifflé Cupidon, histoire de faire une petite farce matinale...cela manquait de suspense.

 Cependant, il revêtait le costume d’un héros, il fallait bien qu’il montrât un peu ce qu’il avait sous son bel habit, juché sur son cheval blanc Dixan (oui, j’ai choisi ‘Dixan’ parce que chez mes grands-parents, on avait adopté cette marque de lessive).

Devinez qui va lui permettre de se distinguer? Maléfique! Oui, ‘ Il se pourrait qu’on jugeât mieux un homme d’après ses ennemis que d’après ses amis’ disait Gilbert Cesbron. Dans le cas de Philippe, cela ne pouvait qu’être vrai.

09:52 Écrit par Tuala dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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