07/06/2016

Le Territoire mystérieux de l'amour (2)

partie 2

Couramment, une distinction est faite entre l’amour survenu par ‘coup de foudre’ et l’amour ‘progressif’, comme elle est établie également entre l’amour ‘passion’ et l’amour ‘à développement durable’. Somme toute une vision dichotomique et manichéenne.
 
On se retrouve ainsi propriétaire dans les premiers cas de la clé d’un paradis version psychédélique années 70, torride, dans lequel on ne serait que le seul occupant avec son ‘Vendredi’ sur une sorte d’île aux Trésor mais pour une durée très limitée avant la chute dans les flammes puis, délesté sur les cendres froides d’un sentiment éteint pour de bon.
 
Dans les seconds cas, nous détiendrions la clé du purgatoire plus ou moins neutre et tiède (en tout cas calme, sans remous) avec une réservation pour un paradis genre bibliothèque feutrée dans laquelle le ’4 o’clock tea-time’ sera servi au coin du feu, avec si possible un chien ou un chat non loin somnolant sur un tapis d’Iran.
 
Je parle ici de cause et effets. La cause est d’ailleurs indépendante de notre volonté car ‘tomber amoureux d’une personne’ est bien encore une chose que nous ne commandons et ne contrôlons absolument pas. Seule notre décision de donner libre accès à l’élan que nous ressentons relève de notre contrôle: fuir au plus vite et le plus loin possible ou...rester et explorer, expérimenter. Ceci étant valable pour l’amour passion ou l’amour progressif.
 
Revenant à cette distinction, je ne pense pas qu’il y ait deux ‘types’ de ‘rencontre amour’, l’un fulgurant et immédiat, et le second qui se construirait au fil du temps. Je conçois plutôt la ‘rencontre amour’ comme une force d’attraction immédiate entre deux êtres et fondée sur un faisceau de caractéristiques que ‘l’autre’ présente. La première étant, selon moi, quoique l’on en dise sur le plan des valeurs, celle de l’apparence physique.
 
Je ne veux pas du tout dire pour autant qu’il s’agisse de beauté ou de laideur car la perception de ces deux extrêmes est le fruit de jugements eux-mêmes fortement impactés par les standards de l’esthétique en cours à une période donnée dans une culture donnée, relayés en surabondance dans les media. J’évoque par contre un ensemble dont l’un ou l’autre détail peut émerger, comme par exemple les yeux, la voix, les mains, les formes, la stature, la silhouette, la démarche...etc.
 
Un ensemble donc qui nous rappelle consciemment ou inconsciemment un modèle connu (ou un groupe de ‘figures’ que nous considérons comme modèles) qui rassemble le même lot plus ou moins de caractéristiques susceptibles de nous séduire. Une sorte d’étalon de mesure, j’oserais dire, qui est en nous depuis très longtemps. C’est précisément cela qui nous donne cette étrange impression de familiarité, de ‘reconnaître’ l’autre comme si nous l’avions toujours attendu : le fameux ‘ c’est lui, c’est elle’.
A ces critères, viennent s’ajouter ceux de la personnalité, du moins, ceux visibles ou perceptibles dès la première rencontre.
 
Ensuite, ce qui causera un choc immédiat,quasi tétanisant ou le départ d’un processus plus lent de séduction mutuelle, dépendra de deux facteurs : d’une part, la vitesse d’analyse, de comparaison analogique avec notre ‘modèle interne’, d’autre part, de notre confiance en nous-mêmes. En ce qui concerne le second facteur, je le nommerais le ‘catalyseur’ de l’amour en gestation.
 
Cette confiance que nous accordons à nous-mêmes avec plus ou moins de réserves, dépend grandement de nos expériences antérieures et de la manière dont nous avons dépassé (ou pas, ou pas encore) les conséquences de ces expériences passées. ‘Chat échaudé craint l’eau froide’... Personne, en principe, n’apprécie la douleur et tend donc à l’éviter le plus possible.
 

09:20 Écrit par Tuala dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.