07/06/2016

'Pourquoi?' ' Je ne sais pas' ... Mauvaise réponse

Il vous est certainement déjà arrivé de vous demander pourquoi votre partenaire vous aimait, vous qu’il ou elle a choisi(e) parmi tant d’autres qui auraient pu peut-être partager votre vie. Vous l’avez peut-être même demandé de manière directe à votre partenaire, une attitude plutôt féminine cependant, je pense du moins.
Je l’ai posée quelquefois aux hommes avec lesquels j’ai entretenu une relation plus ou moins durable. Le moins que je puisse en dire est que c’est une question qui leur parut embarrassante, inopportune et fut souvent évacuée par des réponses rapides, évasives, histoire de vite passer à autre chose : ‘ On mange quoi ce soir?’
 
Il y eut la traditionnelle : ‘ Mais quoi? Pourquoi tu me demandes ça ? (traduction: tu le sais bien, non, ça ne te suffit pas?’ ). Bref, retour illico à l’envoyeuse, tactique de l’évitement. Néanmoins, pour ne pas risquer de revoir la question apparaître, on met ‘fin à la discussion’ avec le ‘ Je t’aime, voilà tout’ qui se veut rassurant...sauf que le ton dévoilait davantage une légère irritation plutôt que la conviction. Comme si cette question perçue comme dérangeante ou une menace (? ) venait troubler le plan d’eau d’un lac jusque là parfaitement lisse et que si la relation ( voire la ‘vie de couple’) existait matériellement de fait, elle était en soi la réponse.
 
On s’est senti attiré l’un par l’autre, on a commencé à se toucher, à partager (et apprécier) des moments à deux, à présenter notre amoureux (se) à la famille et au cercle d’amis, on s’est ‘mis ensemble’ et voilà, plus besoin de ‘gratter’ plus loin, plus en profondeur.
 
La variante de cette réponse à la question ‘pourquoi m’aimes-tu?’ : ‘Je ne sais pas moi, je t’aime, parce que je t’aime, il n’y a pas de pourquoi’. Considéré positivement, je pouvais simplement penser que l’homme interrogé souffrait d’une énorme difficulté à exprimer ses sentiments et émotions, de pouvoir les traduire en phrases mais qu’au fond de lui, il savait pourquoi il disait ‘m’aimer’. Dans ce cas, mieux vaut alors observer les indices concrets dans la vie quotidienne qui démontraient ces fameuses raisons que j’aurais aimé entendre.
 
On peut se demander ce qui m’avait poussée à souhaiter les entendre. Justement, le motif en était que les ‘indices concrets’ me semblaient en conflit avec ma conception ‘d’aimer’ et que je me sentais davantage dans une position utilitaire que dans une relation d’amour et de réel partage.
Ensuite, pour les plus ‘téméraires’ qui acceptèrent de ne pas éluder la question d’une façon ou d’une autre, il y eut en vrac : ‘Tu es intelligente, tu es un peu artiste, tu me plais physiquement, tu as de jolis yeux, une jolie bouche’.
 
Charmants compliments en vérité et qui font plaisir, certes. Toutefois, des millions de femmes dans le monde peuvent être affublées de ces qualités. Or, il me semble que l’être aimé, choisi, présente en principe quelque chose qui le rend unique à la paire d’yeux qui s’y intéressée exclusivement. Cependant, comme il ne faudrait tout de même pas confondre l’acquisition d’un produit maître-achat avec le fondement d’un choix à passer une période (plus ou moins) longue avec la personne sélectionnée, le côté ‘qualités qui rendent unique’ ne répond pas vraiment à la question. Ce qu’on interroge vraiment avec la question ‘pourquoi m’aimes-tu ?’ est le statut, la qualité, la profondeur de la relation.
 
Vous vous demandez à présent si moi, j’aurais pu répondre à cette même question.
Sans nul doute, je le pouvais et ma réponse comportait deux axes majeurs. D’une part, il y avait ce que je pensais pouvoir apporter à l’autre avec ma personnalité et mes sentiments, ou si l’on préfère, comment mon attitude, ma nature pouvaient ‘nourrir’ la relation. D’autre part, il y avait ce que l’autre m’apportait (ou du moins, ce qu’il apportait tout eu début en phase de séduction et dont bien souvent, il ne restait pas la moitié après environ six mois de vie commune).
 
Commençons donc par ma façon d’être (susceptible de convenir aux hommes intéressés par ces caractéristiques bien entendu) :
 
- Je peux démontrer une vision parfois inhabituelle d’envisager une problématique, proposer des pistes un peu originales, hors des sentiers battus.
 
- J’adore rire, faire rire, partager des ‘petits moments de plaisir’
 
- Je peux exprimer clairement mes projets, mes intentions, mes envies, mes désirs, mes besoins ( pas besoin de deviner). Je suis ‘pro communication'
 
- Je suis pragmatique et choisis toujours le bon sens et le pragmatisme. Je suis réaliste avec une touche d’optimisme.
 
- Je suis néanmoins un curieux mélange de rationnel et d’émotionnel. Je suis très observatrice des besoins et désirs de l’autre et tente en général d’y contribuer au mieux.
 
- J’aime ce qui est apuré, ordonné, propre mais sans maniaquerie.
 
- Je suis de nature curieuse, j’aime apprendre et partager des connaissances.
 
- Je suis très sociable avec les gens qui me plaisent mais je peux montrer au minimum de la politesse à d’autres qui ne seront jamais mes amis. Le respect de l’autre dans toute sa dimension est pour moi incontournable. Je peux m’adapter à pratiquement n’importe quel type de conversation.
 
- Si je ne suis véritablement matérialiste, il me tient à cœur que le minimum pour une vie décente soit garanti: un logement et ses charges, de la nourriture saine, la possibilité d’entretenir sa santé et de se faire soigner.
 
- Je suis économe, j’évite le gaspillage.
 
- J’aime le calme, la douceur malgré que j’ai un tempérament passionnel mais largement contrôlé...( si c’est nécessaire)
 
- Je suis indépendante en esprit et relativement objective dans mes évaluations.
 
- Je peux me montrer tendre et affectueuse si cela m’est permis, sinon, je reste réservée.
 
- J’ai une façon quelquefois d’exprimer mes idées et ressentis assez ‘cash’ mais sans volonté de blesser.
 
- Je ne promets rien que je ne puisse tenir.
 
- Je suis discrète et sais garder des secrets. J’ai l’entière confiance de mes ami(e)s.
 
- J’aime autant les plans improvisés que les projets bien préparés et ficelés.
 
- J’aime faire des surprises et être surprise, improviser.
 
- J’ai une grande sensibilité artistique. Les belles choses embellissent la vie.
 
- Le bien-être tant psychologique que physique des êtres qui comptent pour moi m’importe.
 
- J’aime que les choses qui doivent être faites le soient dans des délais ‘raisonnables’.
- Mes devises en général : 'Mieux vaut anticiper que remédier' et 'Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple?'
 
 
Quant aux raisons qui expliquent pourquoi j’ai aimé ou ce que m’indiquerait que j’aime un homme, elles sont les suivantes:
 
- Je me sens tout simplement ‘bien’ avec cette personne, je me sens autorisée à être complètement moi-même mentalement et physiquement.
- Je ressens chaleur et bien-être dans sa proximité physique.
- J’ai un sentiment que les choses ne sont pas compliquées et ne nécessitent pas constamment des justifications, des explications, des mises au point.
- Nous pouvons nous regarder dans les yeux l’un de l’autre sans ressentir gêne et inconfort.
- J’ai le sentiment d’être sur la même longueur d’ondes.
- La vie me semble plus ‘colorée’, plus ‘musicale’.
- Je ressens du désir pour lui et l’entente sexuelle est harmonieuse, satisfaisante pour les deux.
- J’ai envie qu’il se sente aussi bien avec moi que moi avec lui.
- J’ai le sentiment qu’on se connaît depuis plus longtemps qu’en réalité.
- J’aime le voir sourire et rire.
- Je le sens être totalement lui-même.
- J'aime ce qu'il fait, comment il le fait et ses raisons de le faire.
- Sa façon de me regarder me fait me sentir importante à ses yeux.
- J’adore lire son désir dans ses yeux.
- J’aime être embrassée et et câlinée par lui.
- J’ai envie de passer du temps avec lui, de découvrir et partager avec lui.
- Je suis sensible à son regard, sa voix, sa façon d’être en général qui le distingue parmi d’autres.
- Je peux entendre et accepter ses peurs, ses problèmes (mais pas des plaintes et de jérémiades quotidiennes).
- Nous nous faisons confiance intellectuellement et affectivement.
- Il est attentif à moi et a de petites attentions.
- Il partage avec moi ses bonnes nouvelles: ce qui le rend heureux.
- Il est fiable, je peux compter sur son soutien si nécessaire comme il peut compter sur le mien.
- Il ne me laisse pas me débattre avec des problèmes importants comme si de rien n’était.
- Je m'intéresse à ce qui peut le préoccuper.
- Il aime ce que je suis, ce que je fais et comment je le fais.
- Il respecte mon fils.
 
Bref, je suis avant tout sa ‘femme’ (pas forcément mariée) et ‘alliée’ et je ne peux ni ne veux être sa maman, sa nounou, son animal de compagnie, sa 'psy',  son punching-ball anti-frustrations,  une plante,  sa gouvernante en logistique ménagère,  sa servante taillable et corvéable à merci.
 
J’admets que les hommes ont souvent plus de difficultés (pour des raisons d’éducation et de formatage genré) à communiquer ce qu’ils ressentent verbalement.
 
Par contre, je doute que la réponse ‘Pourquoi m’aimes-tu?’ puisse être soldée par un ‘ Je ne sais pas, je t’aime c’est tout’ qui, de mon expérience, se matérialisait le plus souvent par ‘Tu es un bon deal’ dans le sens que les hommes concernés se reposaient entièrement sur moi pour assurer la logistique, l’ éducation de mon fils ( en plus, sans respect pour lui), tout en bénéficiant de mes connaissances et réseau, d’une cuisine plus qu’acceptable, de l’expression de peu de besoins matériels ( habits, soins de beauté, coiffeur...), d’une très bonne gestion financière, de relations sexuelles agréables, d’un cadre de vie équilibré sans devoir y contribuer et de mon intelligence (et sens pratique) pour régler essentiellement leurs problèmes ou encore calmer leurs blessures du passé.
A cet égard, oui, je devais être un ‘bon deal’...mais je ne suis pas un lave-linge.
 
Dans la phase de séduction évidemment, l’homme averti, ayant compris que certains éléments-clés chez moi son susceptibles de me ‘faire craquer’, me gratifia d’ un certain nombre d’indices qui pouvaient me faire croire que nous nous ‘entendrions bien, et plus’ mais le vernis ne tint en général pas une année...
 
 
 
 
 
 

08:22 Écrit par Tuala dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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