10/06/2016

Huile sur Toile ' Viviane dirigeant la vie de Morgane' - Josiane Moïmont

Comme elle est étrange cette impression que des mains invisibles dirigent notre destinée...

Ne dit-on pas ' Il n'y a pas de hasard. Toute rencontre a sa signification même si elle nous échappe au moment de son existence' ?

 

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09:12 Écrit par Tuala dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/06/2016

Sol Invictum

 

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Sol Invictum

 

Lorsque se croisent deux rêves,

je suis l'enfant d'un mythe ouvert

qui plonge ses racines dans la sève

de l'émouvante couleur de la mer

 

Une mélodie parcourt mes doigts

entre les notes archaïques tissées

de larmes de soie fixées dans le froid

J'imagine des joies alors libérées

 

L'essence de sons multiples tendus

entre deux falaises de craies et de cris

qui dansent sur la face du soleil ingénu

levant ses yeux immensément alanguis

 

déposés indécemment sur mes mains,

remontant lentement le long du dos,

insistant un instant à la courbe des reins

et ployant ma nuque dans son lamparo

 

Le soleil de ma terre intérieure

Prend son essor au fils de heures

Rudoie les intrus réduits à la peur

Car invaincu ce soleil demeure

 

16:08 Écrit par Tuala dans POESIE | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Ecran de rêve

Certains jours, nous rêvons très fort, tellement fort

que les oiseaux sursautent, que les nuages s’écartent,

que le soleil bondit dans son lit douillet du ciel,

tant notre désir s’agite au fond de notre âme,

tant notre chair souffre de la soif d’un vrai toucher

 

Ce manque vrille mes entrailles profondes,

tord mes pensées dans le silence engourdi

des mots laissés dans la lie d’un flacon vide

de cette liqueur dorée, parfumée jamais goûtée,

Elle traîne depuis des années hors de portée

 

Où est-elle cette étreinte cachée à mes sens ?

Où est-elle cette tendre douceur sincère ?

Les poètes, les romans en parlent les chantent bien

Ces gestes d’affection, ces élans d’émotions

et emportent dans la croyance de leur existence

 

Des sourires superficiels, des paroles futiles

Des joies feintes, des ombres et des peurs cachées

Des instants qui finalement n’étaient qu’une comédie

jouée habilement parfois par de drôles d’acteurs

s’amusant dans leur costume des décors et textes

 

Nul visage ne se dépose à l’écran de mes rêves

Seule une sensation imaginée d’un réconfort,

le son d’un dialogue muet de corps à corps

la chaleur d’un enlacement et d’une simple prière

qui serait exaucée et m’offrirait  ce bonheur

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13:32 Écrit par Tuala dans POESIE | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/06/2016

Do we really like Creativity?

Dessin au bic avec notes

 

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13:30 Écrit par Tuala dans PEINTURES | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Il était une fois...conte à rebours (1)

Partie 1

 Je fus de ces jeunes filles fascinées par le conte de la Belle au Bois Dormant...évidemment, c’était de mon âge.

 Il faut également rappeler qu’à mon époque, au début des années 70, Internet et les multiples chaînes de programmes télévisés n’existaient pas encore. Nous n’avions ‘que les livres à images’ et les films de dessins animés de Walt Disney pour servir les contes façon Mojito glacé dans un bar kitch pseudo brésilien un soir d’été.

 Je ne peux pas dire que je me suis à l’époque glissée aisément dans un procédé d’identification à la ‘Belle’. Aurore était blonde et Princesse, j’étais brune et plutôt va-nu-pied. Elle a les yeux d’azur, je les ai brun sombre méditerranéen. Elle était gracieuse et moi il valait mieux ne pas me perdre des yeux dans un magasin de porcelaine. Peut-être avions-nous en commun les jambes, fines, bien formées et longues? Nous n’en saurons jamais rien car les jambes de Mademoiselle Aurore étaient peu montrées.

Par contre, les trois fées et la Vilaine Méchante Fée Noire m’intéressaient bien davantage! Les premières me faisaient sourire par le décalage évident entre leur statut de fée et leurs réactions et maladresses terriblement humaines.

 Quant à Maléfique, je ne lui trouvais que des circonstances atténuantes à ses diverses manœuvres dites ‘diaboliques’. On l’avait ignorée, on l’avait bafouée, mise à l’écart et devait vivre seule dans un affreux château avec pour seule compagnie des êtres difformes, idiots, suiveurs et vils. Il ne me paraissait pas illogique qu’elle déployât sa colère.

Dans mon esprit, c’était une femme de caractère, solitaire et en souffrance. En outre, je lui trouvais un côté ‘sexy’ comme on dit aujourd’hui, sans doute à cause de son habit noir et du rouge vif sang qui marquait ses lèvres.

 Le Prince Philippe, lui, il m’a fallu du temps pour le cerner et par conséquent avoir une opinion à son sujet. Ma première impression fut que je ne le trouvai pas particulièrement ‘futé’ mais surtout, il n’avait pas ‘choisi’ Aurore parmi d’autres candidates à son cœur. Non, il ne connaissait pas d’autres princesses mais lorsqu’il voit Aurore, il sait instantanément que c’est ‘elle’.

 Bref, absence totale de concurrence, un peu facile...le coup de foudre envoyé par Zeus qui s’ennuyait dans ses nuages et qui avait dû sifflé Cupidon, histoire de faire une petite farce matinale...cela manquait de suspense.

 Cependant, il revêtait le costume d’un héros, il fallait bien qu’il montrât un peu ce qu’il avait sous son bel habit, juché sur son cheval blanc Dixan (oui, j’ai choisi ‘Dixan’ parce que chez mes grands-parents, on avait adopté cette marque de lessive).

Devinez qui va lui permettre de se distinguer? Maléfique! Oui, ‘ Il se pourrait qu’on jugeât mieux un homme d’après ses ennemis que d’après ses amis’ disait Gilbert Cesbron. Dans le cas de Philippe, cela ne pouvait qu’être vrai.

09:52 Écrit par Tuala dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Il était une fois...conte à rebours (2)

partie 2

Donc, oui, Philippe...il doit son véritable statut à Maléfique qui a, tout spécialement pour lui, conçu un dispositif pédagogique débutant par une situation problème qui, stimulant l’apprenti héros par une récompense motivante (délivrer Aurore de son coma artificiel), va élargir ses connaissances et compétences.

 Ainsi, il pourra se révéler à lui-même: devenir un homme adulte qui sait ce qu’il veut, assez brave pour affronter des épreuves, responsable, citoyen ( il doit écarter le Mal) , et capable d’exprimer ses sentiments et émotions. Sauf, que sans verser dans un soupçon de médisance, il a tout de même bénéficié de certaines aides des trois petites fées. Morale : avec des allié(e)s, on a plus de chance de faire aboutir un projet difficile (surtout si l’on n’est pas très doué) ou encore ‘ On peut admettre un certain degré d’intelligence dans le fait de savoir bien s’entourer’.

Mais bien sûr, il affronta la forêt de ronces et les flammes agressives du Dragon afin d’atteindre le château de la Belle. Toutefois, s’il n’avait pas été délivré du donjon par les gentilles fées et leur magie, il n’aurait pas pu livrer ce combat car il aurait dû attendre 100 ans pour aller rejoindre sa promise, une paille insignifiante pour un amour sincère dixit Maléfique.

 Heureusement pour nous les lectrices (les garçons lisaient-ils ce conte???), nous ne dûmes pas attendre un siècle pour nous gaver l’esprit de cette scène que nous attendions toutes avec impatience : le baiser. Le fameux baiser, parlons-en.

 Philippe donc, se penche et dépose ses lèvres sur les pétales roses de sa Blonde et là voilà revenue à la vie : un baiser léger bien entendu, nous ne sommes pas dans un langue à langue torride, mais suffisamment efficace pour faire ouvrir les yeux de la Demoiselle qui sourit, visiblement ravie. L’affaire est dans le sac. Vu comme ça, cela a l’air d’une facilité déconcertante pour un garçon d’allumer et emballer un cœur. Nous aurait-on caché des scènes intermédiaires?

 Absolument pas ! Il faut relire l’énoncé de Maléfique : ‘Un baiser d’amour sincère seul pourra réveiller Aurore’; un baiser, un seul, un et un seul d’amour (ah oui, l’amour a des propriétés magiques) sincère. Y a-t-il des amours qui ne sont pas sincères? Non, donc c’est un élément qui est juste présent dans l’énoncé pour vérifier si l’apprenant peut distinguer des objets non pertinents.  

 Nous en concluons que si par hasard, le cœur de Philippe ne fût pas animé d’amour et qu’il ne voyait en Aurore qu’une très appétissante petite pâtisserie à déguster, le baiser n’aurait pas opéré sa magie. Par conséquent, elle serait restée ‘de marbre’ et le Prince n’avait plus qu’à se trouver une autre princesse plus ‘accessible’, éveillée de préférence.

Alors, je dis encore ‘chapeau’ à Maléfice parce que la condition qu’elle avait posée garantissait à la Belle Barbie blonde l’amour attendu et pas seulement quelques joyeuses parties de jambes en l’air sans lendemain. Du muscle et de la bravoure certes, mais l’ensemble connecté à un cœur et à des sentiments.

Ne serions-nous pas ici en présence de l’idéal masculin? Le mariage qui conclut ce conte apparaît comme la juste résolution de la situation problème du départ avec enfin la consommation totale des corps et cœurs confondus. De plus, il s’agit d’une union d’amour qui, par le plus heureux des hasards, rencontre les aspirations politiques des pères des mariés.

 Tout est juste parfait. Personne ne s’est encore risqué à rédiger une suite genre : ‘ Aurore et Philippe, dix ans plus tard...’ Néanmoins, une très très belle et plausible histoire nous fut offerte sur l’histoire personnelle de Maléfique avant qu’elle ne devienne la Méchante Fée, un régal qui lui rend enfin justice.

09:51 Écrit par Tuala dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Il était une fois...conte à rebours (3)

partie 3

Avouez! Vous y avez cru? Un petit peu du moins, non? Moi bien.

 Je veux dire : l’amour au premier regard, le Prince qui se bat pour mériter sa Belle, le premier baiser magique qui vous retourne l’esprit et vous fait monter le feu aux joues (au minimum), le mariage parfait qui a dû inspirer encore récemment Kate et William..., non? Mais attention, je parle des filles, enfin pour l’instant. Bien sûr que vous y avez cru les filles! La preuve: des milliers de psychiatres accompagnent la moitié de leur patientèle dans leur désintoxication du mythe du Prince Charmant, les biscuits Lu n’utiliseraient pas ce fantasme et des millions de petits costumes de déguisements de princesse pour fillettes pourraient être envoyés en recyclage dans des chiffonnières.

 Alors, n’en déplaise aux féministes de tout poil, je soutiens qu’il faut maintenir le mythe mais avec quelques amendements. D’abord, à la relecture de ce conte, si l’on veut bien l’admettre, ce sont des femmes qui tirent les ficelles et font avancer l’histoire. De plus, il ne s’agit pas de n’importe quelles figures fadasses, molles, sans caractère: des fées !

 Même Aurore, c’est une rebelle : elle fait la sotte et chante à tue-tête dans les bois alors qu’elle est supposée rester discrète, elle parle à un inconnu et se laisse draguer et quand on lui interdit de toucher au rouet, elle fait exactement le contraire ( oui, vous me direz qu’elle a été conduite à cet acte par sorcellerie...aujourd’hui, on dirait qu’elle avait fumé des joints, ce qui explique son regard halluciné). Ensuite, elle s’endort et n’en fait plus une, elle se contente de laisser venir pendant que les fées vont s’activer pour réparer ses frasques. Bref, une adolescente dans toute sa splendeur. Ensuite, le coup de foudre dans les bois et bien oui, ça existe et c’est magnifique! (enfin lorsque c’est réciproque sinon bonjour la frustration).

 Puis, le Prince vaillant, bouclier et épée à la main pour vaincre les obstacles qui lui barrent l’accès à son amoureuse constituent une superbe opportunité de se valoriser, de se démarquer par rapport à la concurrence. ‘Un victoire sans combat n’a point de saveur’. Je n’ai pas dit que le candidat Prince doit aller combattre physiquement un champion de boxe thaïlandaise ou nécessairement participer à Koh lanta, le combat peut être de nature psychologique. Le fondement n’est-il pas de vaincre ses propres peurs et celles, éventuelles, de la dame que le Chevalier désire?

 Quant aux armes, elles sont variées: l’humour, l’intelligence, l’observation, la ténacité, la patience..etc. Pour continuer, il y a l’affrontement de ses propres dragons ou devrais-je dire ‘démons’? Chasse de dragons bien ordonnée commence par celle des siens. Ce n’est pas tout d’avoir réussi à traverser la zone obscure de la forêt de ronces (représentant à mon avis son cerveau rempli de doutes et de souvenirs inavouables), Le Prince Philippe est bien obligé de vaincre sa faiblesse et de ne pas se laisser consumer par les flammes du dragon car il en va d’abord de sa vie. Il risque sa vie ( et il n’en dispose pas de plusieurs comme dans les jeux sur plateforme) pour délivrer Aurore du sortilège et enfin vivre l’amour qu’il ressent. Un pari fou, un pari sur l’amour, un pari qui apparaît comme dangereux.

 C’est cela qui rend le Prince ou Chevalier ‘sexy’ aux yeux de la Belle : il ose faire ce pari pour elle, avec elle. C’est un homme qui ne doute pas. Nous arrivons enfin au ‘baiser magique de réveil’.

 Qui a inventé cette condition? Maléfique. Une femme qui impose cette contrainte ne peut être qu’une femme qui a cru jadis elle-même à l’amour auquel désormais il lui semble indispensable d’ajouter l’adjectif ‘sincère’. De toute évidence, elle ne s’en est jamais remise et c’est pour cette raison qu’elle ne veut pas que cela arrive à Aurore, cette gamine dont en principe elle aurait dû être une marraine fée également.

Un cœur de femme se mérite car c’est dans l’épreuve, la difficulté qu’on peut probablement le mieux tester la solidité d’un sentiment. Maléfique ne lésine pas sur les moyens pour mettre celui de Philippe en examen. Ensuite, il faut une preuve irréfutable que le Prince ‘aime’ Aurore, assez pour la protéger si nécessaire, ne pas l’abandonner, ni la trahir. Alors, tout repose sur le ‘baiser’ de bouche à bouche et pas de discours car les paroles peuvent tromper aussi : ultime test de la sincérité supposée de Philippe. Un peu léger à mon humble avis.

Ici, j’émettrais quelques réserves quant au lien entre un baiser (même un French kiss allongé) et ce que le cœur ressent (mis à part une accélération brutale qui peut tout aussi bien indiquer une montée de désir sexuel).

 Présumer d’une profondeur de sentiments sur base d’un toucher physique aussi délicieux qu’il soit, relève d’un néo-romantisme névrotique ou d’une naïveté affligeante. Il faut reconnaître que démêler le désir d’ordre purement sexuel de celui de l’expression de sentiments est aussi aisé que de déterminer tous les épices impliqués dans une sauce curry.

C’est pourquoi, Maléfique ma chérie, j’ose dire que tu t’es fameusement plantée dans la dernière partie de ta batterie de tests.

09:49 Écrit par Tuala dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |