03/08/2008

Polyglotes sans le savoir :)

J'ai toujours été intéressée par la linguistique, les langues...

Aussi, j'avais envie de mentionner un ouvrage de MARIE TREPS qui semble tout à fait passionnant quant à l'intégration de milliers de mots empruntés à d'autres peuples et cultures qui ont enrichi d'autres langues , telle le français.

la source URL de cet article est :http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=541

Marie Treps, Les mots voyageurs, petite histoire du français venu d’ailleurs, Le Seuil, Paris, 2003.


treps

Dans son livre Les Mots voyageurs, Marie Treps invite à  6 voyages nous faisant découvrir une étonnante géographie culturelle 

Comment les mots ont ils 'voyagé' ? quelles routes ont ils emprunté?

Pas mal de mots se référant au savoir et aux religions nous viennent de l'Orient. Les mots ont voyagé dans les bagages des savants.

Le mot 'chiffre' par exemple,nous arrive par un passage au système décimal plus approprié aux arpenteurs et aux commerçants.

Le mot 'sucre' est un mot en sanskrit (né en Inde), importé par les Arabes avec la canne à sucre plantée en Egypte avant de passer en Andalousie puis en Italie.

Nombre de mots arabes sont passés dailleurs par l’Andalousie et ont la particularité d’avoir un préfixe en "a" , "al" ou "el" comme alchimie, alcool.

Le premier voyage des mots, celui de l’Orient proposé par Marie Treps nous guide donc vers les mots arabes, hébreux, sanskrits, persans, turcs, grecs et maghrébins, en empruntant le chemin du savoir (de algèbre à zéro) et des religions (cabale, samedi ou paradis), celui du commerce (coton, abricot, sucre, tulipe...) et encore celui de la culture (bazar, caravane, tapis ou hammam).

Les Mers du Nord ont offert beaucoup de mots de paysage, des mots de marins évdemment aussi, des mots de bière et de drogues !

Ce deuxième voyage nous mène vers les mers du Nord à travers les mots néerlandais et scandinaves qui nous permettent de décrire les paysages aménagés ou non (havre, crique, vague, banquise, polder, dock, boulevard), les poissons comme les bateaux, les maisons comme les ustensiles (de bidon à ramequin), la bière ou encore la drogue. Ce sont les peuples marins, ceux qui croient aux elfes et aux sagas que l’on découvre au travers de contes, de légendes,de croyances et de mythologie.

L’Europe centrale aurait apporté des mots de guerre et de soldats, avec des mots techniques et de savants.

Le troisième voyage nous mène donc en Europe médiane, avec ses mots allemands, slaves et hongrois, où le vocabulaire guerrier (sabre, cravate !, képi) côtoie des mots plus pittoresques (chenapan ou trinquer). Les mots savants et techniques ne sont pas en reste (de chromosome à mazout), sans parler des paysages de taïga et de la vodka...

Au-delà des Pyrénées, thème du 4ème voyage ,nous découvrons des mots exotiques et du folklore en espagnol, portugais, amérindien et des mots encore qui nous viennent de peuples africains et asiatiques.

Au-delà des Alpes, nous intégrons de l’italien la langue des arts et des fêtes... L’Italie nous a ouvert les portes de l’Orient et son commerce nous a rapporté riz, lavande, ou caviar.

Mais le système bancaire (de banqueroute à faillite) et les guerres (canon, cartouche, contrebande et citadelle) ont aussi contribué à faire voyager ces mots méditerranéens. Sans parler de tous les aménagements urbains (balcon, campanile, appartement, villa), des arts italiens musicaux et picturaux

Outre-Manche et outre-atlantique : politique, affaire, sport et musique, médias et tourisme nous deviennent familiers.

On retrouve de nombreux aller-retour entre le français et l’anglais- ce qui n'est pas une surprise en soi-mais aussi des traductions littérales (tour-opérateurs) et des transmissions de mots venus des colonies britanniques (du boomerang australien aux igloos esquimaux).

Le vocabulaire politique a bien entendu voyagé depuis les révolutions, celui des affaires a suivi avec l’industrialisation, celui du sport et des spectacles n’ont cessé de circuler. Sans parler des mots typiquement urbains tels halls, squares et tramways, du tourisme, de la nature, de la vie moderne, ou de la cuisine en passant du sandwich au ketchup et au bifteck...

Le dernier chapitre traite des mots 'marginaux' qui ne semblent pas avoir emprunté les grandes routes,  et où l’on s’interroge alors de retrouver, autour de mots chinois et japonais, des mots canadiens, antillais, africains, des mots de nombre des anciennes colonies françaises (manitou, bamboula, vahiné, tam-tam).

Bref, comme l'exprime Marie Treps d'une certaine manière : ne serions nous pas tous un peu polyglotes sans le savoir en utilisant au quotidien tant de mots dits 'étrangers' dont ne savons même plus d'où ils nous sont venus ?

11:09 Écrit par Tuala dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

21/03/2008

Puvis de Chavanne : Symbolisme

Pierre Puvis de Chavannes (1824-1898) appartient à la même génération que Gustave Moreau auquel il fut très lié.

Fils d'une famille lyonnaise intellectuelle et fort cultivée, il entreprit des études scientifiques interrompues par la maladie. Durant sa convalescence, il voyagea en Italie où ses dons artistiques purent éclore. Après un second voyage qui détermina sa vocation, il suivit les deux semaines de cours donnés par Eugène Delacroix qu'il admirait.

Cependant, ce furent surtout le soutien de son ami et peintre Théodore Chassériau et l'autorité de son professeur Thomas Couture qui dessinèrent véritablement sa voie.

En 1852, il s'installa dans l'atelier parisien qu'il occupa durant toute sa vie. Il célébra à l'occasion le progrès scientifique, mais refusa le monde moderne. Il trouva son inspiration dans la première Renaissance italienne, dans Giotto notamment.

Son dédain de la matière se reflète dans un style personnel et simplifié, développé notamment sous l'influence de la princesse Marie Cantacuzène qui devînt sa conseillère avisée, son amie dévouée, son modèle et finalement sa femme.

Dans ses compositions sans relief et sans consistance, les lignes rythmées suffisent à rendre les corps et les couleurs non naturelles, aux tons purs et assourdis, laissent filtrer une atmosphère sereine et hors du temps. Dans ses oeuvres, la vie est à l'image des personnages et des paysages qui les peuplent, en sommeil.

Au cours de sa vie artistique, son art a connu plusieurs mutations:

  • L'exploration de la Beauté et de l'Idée pure d'un monde éthéré remplaça les thèmes religieux des débuts;
  • Les mythes et légendes évocateurs de symboles et de poésie se substituèrent aux sujets historiques;
  • La représentation de personnages supplanta le portrait, particulièrement dans les grandes compositions murales qui firent de lui le plus grand peintre "décorateur" français.

Jeunes Filles bord de la mer
Pauvre Pêcheur

 
Le Travail

L'esprit des peintures murales de Puvis inspira Van Gogh et surtout Seurat.

Travailleur acharné, Puvis de Chavannes réalisa aussi des oeuvres de chevalet pour lui-même ou ses amis, notamment les "Jeunes filles au bord de la mer" (1879) qui marquèrent Gauguin et Matisse et "Le pauvre pêcheur" (1881) qui influença Picasso.

Injustement négligé de nos jours, il reste néanmoins une figure centrale du mouvement Symboliste. Il exerça une grande influence qui dépassa celle de Gustave Moreau. Il a lancé le mouvement, mais s'est-il pour autant arrêté à mi-chemin, au seuil du Symbolisme comme l'affirment certains ? Si Puvis de Chavannes appartient indéniablement au mouvement par ses thèmes et ses compositions, n'entrouvre t-il réellement aucune porte sur les profondeurs de l'être ?

Est-il trop imprégné de classicisme pour suggérer le passage entre le visible et l'invisible, à l'instar d'Odilon Redon qui le respectait ?

La réponse à ces questions réside dans ses oeuvres, en particulier ses oeuvres de chevalet.

source: http://users.skynet.be/lotus/art/puvis-fr.htm

09:28 Écrit par Tuala dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/02/2008

Vie particulière de KANT...

Emmanuel Kant, philosophe

Il est vrai que l'on connaît mieux ses idées, ses pensées et réflexions que sa vie.

Sa vie, n'ayant pas été marquée par des relations amoureuses, par l'un ou l'autre mariage dont aurait pu naître au moins un enfant, on ne s'est en général qu'attaché à  dévoiler son rythme de vie à première vue monotone, répétitive, réglée sur l'horloge.

Un homme en somme qui n'avait que des idées et pas de vie pour les mettre à l'épreuve.

Ce qui peut transparaître était qu'il fut très apprécié par son public d'étudiants de l'Université et certainement par quelques personnes de son cercle intime qui le suivirent fidèlement tout au long de sa vie de 80 annéés.

Ces derniers étaient tellement admiratif de l'étendue de sa culture, de la pussance de son raisonnement, de son souci de connaître toute nouveauté scientifique, médicale, technique, astronomique,de son attention particulière à la politique...etc  qu'ils ont peut-être bien préféré mettre celui qu'il consdérait pour toutes ces raisons comme un' grand homme' à l'abri de quelconques 'faits divers et ragots croustillants' avec une biographie vierge de tout détail 'émoustillant'.

S'il apparait que Kant avait en effet une vie réglée comme un métronome, ce n'était pas par manque d'imagination ni par une quelconque vacuité d'émotions ou de qualités affectives.

La rigueur qu'il s'est imposée visait à conserver une santé correcte et une longévité remarquable compte tenu de l'époque dans laquelle il vivait.

Santé physique qui dès son jeune âge semblait vouloir lui faire défaut...( fièvre, migraines, défaut de mémoire proche, affections des voies digestives)

Quant à son équilibre mental, il est clair qu'il a souhaité le maintenir sous contrôle par l'évitement des passions, des 'emportements  du coeur' dont il craignait qu'ils ne l'éloignent de la 'raison'.

Peut-être connaissait-il si bien sa faiblesse en ce domaine, qu'il ne se faisait aucune confiance pour laisser émerger au grand jour l'un ou l'autre transport du coeur. Il a préféré dès lors ' se concentrer sur son oeuvre philosophique', ( effort de sublimation ?)

Alors, si cela vous dit, voici un lien qui permet un autre éclairage sur la vie de Kant.

Avec mes remerciements à l'auteur de l'article dont sont issues les notes suivantes.

'On en trouvera la meilleure impression dans les mémoires de Wasianski, attestés et soutenus par les témoignages collatéraux de Jachmann, Rinke, Borowski et d'autres.'

http://fr.wikisource.org/wiki/Les_Derniers_Jours_d%E2%80%99Emmanuel_Kant

10:16 Écrit par Tuala dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

15/02/2008

Piet De Groof is wel meer dan een kunstkenner...

 Piet De Groof, mijn oom , een 'situationist', een man die durfde anders denken over moderne kunst...

http://www.brusselnieuws.be/site/rubrieken/1091053917/page.htm?newsID=1202304687

Brussel - De situationisten waren de vaders van de punks: ze waren anti-alles, schopten wild om zich heen en ontregelden het openbare leven met hun acties.

Een van hen was Piet De Groof, alias Walter Korun: in het dagelijks leven een keurige beroepsmilitair. Huh?

Piet De Groof werd geboren in 1931 en bracht het, na een briljante studie aan de Koninklijke Militaire School, tot luchtmachtgeneraal.

 Dat hij parallel aan zijn militaire carrière ook op een geëngageerde en gedreven manier contact had met de kunst en de kunstenaars van zijn tijd, kan misschien wat vreemd klinken. Maar het maakt het er niet minder boeiend op.

 Een gesprek met de squadron leader, alias situa­tionist eerste klas.


Het kleine poëzietijdschrift Taptoe en de gelijknamige Brusselse galerie gingen tegen de stroming in, maar tegelijk hebben ze ongetwijfeld een stempel op het artistieke en creatieve gebeuren in ons land gedrukt. U lag er aan de basis van.


Piet De Groof: "Na een halve eeuw vind ik wat wij deden, ergens nogal studentikoos. Maar wél met durf. De toestand was dat veel beginnende schrijvers niet bij gevestigde tijdschriften aan de bak kwamen.

Een jonge kerel van niemendal moest niet proberen bij het Nieuw Vlaams Tijdschrift binnen te raken, om er maar een te noemen. Hetzelfde probleem hadden de plastische kunstenaars.

Het is een rare wereld, hoor. Ik zal eens iets vertellen over de Cobra-beweging in de jaren 1948-'51.

Hun tijdschrift had in België acht abonnees en in feite hebben ze nooit grote tentoonstellingen georganiseerd.

De schilder Maurice Wyckaert bijvoorbeeld, die in Brussel woonde, er actief was als kunstenaar en ook lid was van de Academie, had nooit van Cobra gehoord.

Of neem nu Les Ateliers du Marais, die men er ook wou bijsleuren. Dat was een kleine kuntenaarscommune met een drukpers en wat ateliers, maar die heeft geen enkele invloed gehad op de carrière van de anderen."


Hebben de mensen van Cobra in Brussel Taptoe ‘gebruikt' om zelf meer uitstraling te krijgen?


De Groof: "Dat is achteraf gebeurd. En uiteindelijk is dat de boeiendste periode geweest. Een beweging als Jeune Peinture... - de jongste van de groep was Alechinsky, maar iemand als Wyckaert was toen nog te jong om er bij te geraken. Jeune Peinture heeft ook maar drie jaar bestaan. Zeer intens als beweging, maar heel kortstondig."


"Ten tijde van Cobra zijn er nooit schilderijen op groot formaat gemaakt, of althans heel weinig. Waarom? Omdat de werken met de trein, onder de arm, meegenomen moesten kunnen worden. Zelfs de eerste werken van Alechinsky waren kleine gravures."


Vliegtuig
Dat alles - en nog veel meer - kunt u ontdekken in Piet De Groof, le général situationniste. Door het doen en laten van de verschillende artiesten te volgen, krijgen we humor voorgeschoteld, merkwaardige anekdotes, wetenswaardigheden die geen enkele kunstminnaar onberoerd laten.


Een greep uit de kunstenaars die de revue passeren: Christian Dotremont, Pierre Alechinsky, Asger Jorn, Maurice Wyckaert, Hugues C. Pernath, Roel D'Haese.

Het zal ook niemand verwonderen dat de gedreven kunstkenner en squadron leader Piet De Groof naast boeiende analyses over schilderkunst in dit werk het moderne vliegwezen, met name de jachtvliegtuigen, niet aan zijn scherpe kennersblik laat ontsnappen.

Maar de kunst, de literatuur en de nooit eerder gepubliceerde foto's en illus­traties nemen het voortouw.

De bourgeoisie geattaqueerd


In 1958, het Expo-jaar, organiseerde Piet De Groof als een echte strateeg een raid op het prestigieuze (maar o zo ingedommelde) congres van de Association Internationale des Critiques d'Art (AICA).


De eerbiedwaardige AICA was voor de Internationale Situationniste (I.S.) zowat de verpersoonlijking van wat zij bestreden: de burgerlijke, saaie en ongevaarlijke kunst die in de greep was van de kunsthandel.


Het begon al de dag voordien, waarbij de vriendin van De Groof en de vrouw van Maurice Wyckaert de hele nacht lang de verbouwereerde en slaperige critici op hun hotelkamer opbelden en hun het virulente pamflet van de Internationale Situationniste voorlazen.

Hierin werden de AICA-leden in onwaarschijnlijk brutale bewoordingen de huid volgescholden voor hun houding tegenover de avant-garde. 's Anderendaags werd dan een poging ondernomen om de pamfletten (onder meer ondertekend door Walter Korun, Asger Jorn en de filosoof Guy Debord) van op het dak van een aanpalend gebouw over de hoofden van de critici te laten neerdwarrelen. Het plan mislukte... omdat vliegenier De Groof de richting van de wind verkeerd had ingeschat!

Er moest dus tot ingrijpender actie overgegaan worden. Wilfried De Groof, broer van Piet en eveneens militair, drong de zaal in het Brusselse Pershuis binnen en strooide kwistig de pamfletten rond.

De plechtige openingszitting in aanwezigheid van minister Renaat Van Elslande was uiteraard amper beveiligd. Tegen de tijd dat iemand reageerde, was hij de zaal weer uit, achtervolgd door de bekende criticus Robert Delevoy en twee Brusselse politieagenten.

De atletische jongeman had moeiteloos zijn achtervolgers van zich kunnen afschudden. Toch verkoos hij in de auto van zijn broer te springen. Door de verkeersdrukte kon die niet wegrijden voordat de agenten zijn nummerplaat genoteerd hadden.


Terug in Kleine Brogel werd Piet De Groof uiteraard op het matje geroepen. Gezien zijn stevige alibi (hij was van wacht geweest op de basis en zijn collega-piloten bevestigden zijn aanwezigheid op de basis) en de onwaarschijnlijke link tussen een luchtmachtpiloot en het zootje artistiek ongeregeld van de I.S., werd hij na maanden van geregelde verhoren buiten verdenking gesteld.
Mort de rire

09:54 Écrit par Tuala dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14/02/2008

La Déesse Mère...

LIVRE:

' Avant les Dieux, la Mère Universelle' par Françoise Gange Editions Alphée 19.90 €

 http://www.soleil-levant.org/presse/article.php3?id_article=39

Les mythes de Sumer sont les plus anciens écrits décryptés à ce jour, et c'est là que commence l'histoire écrite.

On y découvre des sociétés gravitant autour d'un divin féminin, et autour de valeurs radicalement différentes de celles qui fondent l'ordre patriarcal : rapports non hiérarchiques, valeurs nourricières et de partage, sans aucune verticalité, ce sont des valeurs d'échange, dans une ambiance de respect et de confraternité entre les différents éléments qui constituent le vivant, la nature y est respectée et vénérée comme étant la création de la Mère, aimante et nourricière.

 On peut voir à travers les mythes, tant ceux de Sumer que ceux de l'Egypte ancienne pré-dynastique, que cette culture de la Déesse favorise les arts, la musique, la danse, qu'elle vénère la beauté.... Les temples sont le théâtre de la hiérogamie : on y pratique l'union sacrée du principe féminin et masculin. La notion de péché n'existe pas.

On magnifie la vie sous toutes ses formes et d'abord sous celle de l'union sacrée des deux principes vitaux. Ces temples ont le plus souvent la forme de la ziggurat, ou temple à degrés, plantés d'arbres sur chacun des degrés, pour figurer la montagne primordiale, le sommet de la ziggurat étant symboliquement le point sacré, où le ciel et la terre se rencontrent.

La Terre est vue comme le corps de la Grande Mère. Terre où on ensevelit les morts en position fœtale pour qu'ils renaissent vers une nouvelle vie. Ce symbolisme de la terre, matrice des renaissances, étant on le voit profondément différent, quant à son sens, de la pratique de l'enterrement tel que nous le connaissons, dans un système où la terre a été assimilée à la poussière : « Tu n'es que poussière et tu retourneras à la poussière »...

Quand on voyage dans les îles de la Méditerranée, sur les traces de la Déesse à Malte, Chypre ou en Crète... on peut encore y voir les vestiges des grands temples de la Déesse, de forme ronde, trilobée et vus d'avion, certains (à Malte en particulier) ont la forme des Vénus paléolithiques, aux hanches gonflées, généreuses....

On a retrouvé en Anatolie (Turquie), des salles souterraines dédiées à l' accouchement sacré : les murs y sont peints en rouge et portent des reliefs représentant la Déesse Mère qui met au monde son fils, symbolisé sous les traits d'un petit taureau. A cette époque, tous les hommes sont les « fils de la Mère », l'homme est associé à la douceur, au plaisir, goûtant notamment ceux de la chair. Il participe à la vie du temple, y est vraisemblablement danseur, musicien.

La culture de la Déesse n'étant étayée sur aucune domination et sur le respect de la nature, le temps de l'homme n'est accaparé par aucun des « grands travaux » qui plus tard, en patriarcat, exténueront le fils, le frère, comme le mari ainsi que le dit l'épopée de Gilgamesh.

On sait que la femme est agricultrice, potière, musicienne, danseuse...La grande Prêtresse gère l'économie, les affaires de la cité, entourée d'un conseil d'anciens. Le mariage patriarcal (dominant/dominée) n'existe pas encore et on a tout lieu de croire que le couple est libre, non nécessairement stable.

Chez les « Na » de Chine, survivance des temps où la société était matrilinéaire, l'homme et la femme pratiquent une union libre et « furtive », c'est à dire que l'homme rend visite à la femme mais ne séjourne pas au foyer de celle-ci. Il est quant à lui rattaché au foyer de sa mère et de ses sœurs, où il tient un rôle important auprès des enfants de celles-ci.

Cette organisation où c'est, non le père mais l'oncle maternel qui est important pour les enfants, se retrouve aussi en Afrique noire. Le père géniteur n'est pas responsable de ses enfants, en tous cas pas nécessairement : il peut s'en occuper, payer pour eux un certain nombre de choses, mais il n'y est pas obligé. C'est vis à vis de ses neveux et nièces qu'il joue le rôle important de modèle masculin.

Modèle qui ici encore semble plutôt de douceur, de tendresse que d'autorité. Cette répartition des tâches, très différente de notre modèle actuel, apparaît harmonieuse, étrangère aux notions patriarcales de verticalité, de hiérarchie et de contrôle.

Qui est Gilgamesh ?

Gilgamesh est l'un des premiers héros qui va ensevelir la culture de la Déesse car il amène les valeurs de l'homme conquérant, c'est à dire guerrier.

Son époque se situe vers -2800 avant notre ère, à l'Age du Bronze.

Après cette date, le culte de la Déesse ne s'est pas arrêté partout , ni même à Sumer car les peuples de la Déesse ont résisté longtemps à la montée de la nouvelle idéologie dont les valeurs leur étaient incompréhensibles et inacceptables, mais cette période signe les débuts de l'ensevelissement de la Déesse.

L'épopée de Gilgamesh se situe à Uruk, l'une des cités-états qui composaient le territoire de Sumer, structurée autour de la Déesse et de ses Grandes Prêtresses, cité que le héros vient conquérir avec une troupe armée, détruisant les temples, incendiant champs et habitations, soumettant les habitants par une attaque en règle qui se révèle comme étant l'une des toutes premières guerres de l'histoire.

Ce qui est très important pour la compréhension de l'histoire, est qu'on s'aperçoit bien vite que chaque mythe, de Sumer (mais aussi grecs, Egyptiens, Indiens....) présentent plusieurs strates superposées.

La première strate, la plus ancienne, est l'œuvre des partisans de la Déesse et selon différents indices, elle est l'œuvre des Grandes Prêtresses, qui étaient des lettrées, l'une d'elle, dont l'histoire a conservé le nom, Nisaba, est appelée « l'experte en tablettes », terme qui fait référence au support écrit des mythes : des tablettes d'argile sur lesquelles on écrivait avec un calame quand l'argile était encore humide et tendre. La deuxième strate, postérieure, est patriarcale et chante la louange des héros et des Dieux qui sont venus renverser et remplacer la Déesse.

Souvent, il existe d'autres strates encore, de plus en plus patriarcales au fil des époques.

 Les trames patriarcales ont généralement conservé les personnages et toute la symbolique de la strate originelle, mais en lui donnant un tout autre sens, de telle façon que ce qui était magnifié dans la première strate, s'y trouve démonisé dans la deuxième : les héros et les Dieux conquérants apparaissant par exemple comme les Créateurs et les Sauveurs du monde, tandis que la Déesse, ses filles et ses fils y tiennent le rôle de démons et de monstres.

C'est ainsi que Gilgamesh qui est présenté dans les strates patriarcales, comme un conquérant magnifique, brave, grand et fort, un mâle accompli au courage sans faille, a en fait une autre facette.

A certains endroits de la version sumérienne (première version, la plus ancienne) du mythe, une autre vérité se fait jour : on apprend tout à coup, que « Gilgamesh est un violent et un rustre, un soudard cruel qui viole toutes les filles d'Uruk, ou encore qu'il enlève les fils à leur mère, et qu'il épuise les hommes de la ville vaincue, dans des travaux exténuants... ».

On est ici en présence de deux versions opposées du même personnage : l'une a été rédigée par les alliés du héros, c'est à dire les conquérants qui ont vaincus la ville d'Uruk ,et l'autre est racontée par les « fils et les filles de la Déesse », les vaincus, qui voient en Gilgamesh un usurpateur, un pilleur et un violeur.

Gilgamesh, fondateur de l'ordre patriarcal et qui inspirera directement le personnage grec d'Héraclès, est l'ancêtre de notre culture violente, tournée vers la conquête sans fin des biens matériels et la désacralisation du monde, désacralisation du féminin et de l'union d'amour entre les deux grands principes masculin et féminin...

Plus tard arriveront dans une suite malheureusement « logique », la violence généralisée, le non respect des équilibres naturels, la pollution, l‘épuisement des ressources de la terre, les armes à destruction massive.. .

 

12:57 Écrit par Tuala dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11/02/2008

Les Dents du Destin

Les Dents du Destin

Peinture à l'huile réalisée par Josiane Moïmont

21:08 Écrit par Tuala dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Premier Bateau en Irlande

premier navire en irlande

Premier Bateau en Irlande...Peinture à l'huile réalisée par Josiane Moïmont

21:04 Écrit par Tuala dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |