07/06/2016

'Pourquoi?' ' Je ne sais pas' ... Mauvaise réponse

Il vous est certainement déjà arrivé de vous demander pourquoi votre partenaire vous aimait, vous qu’il ou elle a choisi(e) parmi tant d’autres qui auraient pu peut-être partager votre vie. Vous l’avez peut-être même demandé de manière directe à votre partenaire, une attitude plutôt féminine cependant, je pense du moins.
Je l’ai posée quelquefois aux hommes avec lesquels j’ai entretenu une relation plus ou moins durable. Le moins que je puisse en dire est que c’est une question qui leur parut embarrassante, inopportune et fut souvent évacuée par des réponses rapides, évasives, histoire de vite passer à autre chose : ‘ On mange quoi ce soir?’
 
Il y eut la traditionnelle : ‘ Mais quoi? Pourquoi tu me demandes ça ? (traduction: tu le sais bien, non, ça ne te suffit pas?’ ). Bref, retour illico à l’envoyeuse, tactique de l’évitement. Néanmoins, pour ne pas risquer de revoir la question apparaître, on met ‘fin à la discussion’ avec le ‘ Je t’aime, voilà tout’ qui se veut rassurant...sauf que le ton dévoilait davantage une légère irritation plutôt que la conviction. Comme si cette question perçue comme dérangeante ou une menace (? ) venait troubler le plan d’eau d’un lac jusque là parfaitement lisse et que si la relation ( voire la ‘vie de couple’) existait matériellement de fait, elle était en soi la réponse.
 
On s’est senti attiré l’un par l’autre, on a commencé à se toucher, à partager (et apprécier) des moments à deux, à présenter notre amoureux (se) à la famille et au cercle d’amis, on s’est ‘mis ensemble’ et voilà, plus besoin de ‘gratter’ plus loin, plus en profondeur.
 
La variante de cette réponse à la question ‘pourquoi m’aimes-tu?’ : ‘Je ne sais pas moi, je t’aime, parce que je t’aime, il n’y a pas de pourquoi’. Considéré positivement, je pouvais simplement penser que l’homme interrogé souffrait d’une énorme difficulté à exprimer ses sentiments et émotions, de pouvoir les traduire en phrases mais qu’au fond de lui, il savait pourquoi il disait ‘m’aimer’. Dans ce cas, mieux vaut alors observer les indices concrets dans la vie quotidienne qui démontraient ces fameuses raisons que j’aurais aimé entendre.
 
On peut se demander ce qui m’avait poussée à souhaiter les entendre. Justement, le motif en était que les ‘indices concrets’ me semblaient en conflit avec ma conception ‘d’aimer’ et que je me sentais davantage dans une position utilitaire que dans une relation d’amour et de réel partage.
Ensuite, pour les plus ‘téméraires’ qui acceptèrent de ne pas éluder la question d’une façon ou d’une autre, il y eut en vrac : ‘Tu es intelligente, tu es un peu artiste, tu me plais physiquement, tu as de jolis yeux, une jolie bouche’.
 
Charmants compliments en vérité et qui font plaisir, certes. Toutefois, des millions de femmes dans le monde peuvent être affublées de ces qualités. Or, il me semble que l’être aimé, choisi, présente en principe quelque chose qui le rend unique à la paire d’yeux qui s’y intéressée exclusivement. Cependant, comme il ne faudrait tout de même pas confondre l’acquisition d’un produit maître-achat avec le fondement d’un choix à passer une période (plus ou moins) longue avec la personne sélectionnée, le côté ‘qualités qui rendent unique’ ne répond pas vraiment à la question. Ce qu’on interroge vraiment avec la question ‘pourquoi m’aimes-tu ?’ est le statut, la qualité, la profondeur de la relation.
 
Vous vous demandez à présent si moi, j’aurais pu répondre à cette même question.
Sans nul doute, je le pouvais et ma réponse comportait deux axes majeurs. D’une part, il y avait ce que je pensais pouvoir apporter à l’autre avec ma personnalité et mes sentiments, ou si l’on préfère, comment mon attitude, ma nature pouvaient ‘nourrir’ la relation. D’autre part, il y avait ce que l’autre m’apportait (ou du moins, ce qu’il apportait tout eu début en phase de séduction et dont bien souvent, il ne restait pas la moitié après environ six mois de vie commune).
 
Commençons donc par ma façon d’être (susceptible de convenir aux hommes intéressés par ces caractéristiques bien entendu) :
 
- Je peux démontrer une vision parfois inhabituelle d’envisager une problématique, proposer des pistes un peu originales, hors des sentiers battus.
 
- J’adore rire, faire rire, partager des ‘petits moments de plaisir’
 
- Je peux exprimer clairement mes projets, mes intentions, mes envies, mes désirs, mes besoins ( pas besoin de deviner). Je suis ‘pro communication'
 
- Je suis pragmatique et choisis toujours le bon sens et le pragmatisme. Je suis réaliste avec une touche d’optimisme.
 
- Je suis néanmoins un curieux mélange de rationnel et d’émotionnel. Je suis très observatrice des besoins et désirs de l’autre et tente en général d’y contribuer au mieux.
 
- J’aime ce qui est apuré, ordonné, propre mais sans maniaquerie.
 
- Je suis de nature curieuse, j’aime apprendre et partager des connaissances.
 
- Je suis très sociable avec les gens qui me plaisent mais je peux montrer au minimum de la politesse à d’autres qui ne seront jamais mes amis. Le respect de l’autre dans toute sa dimension est pour moi incontournable. Je peux m’adapter à pratiquement n’importe quel type de conversation.
 
- Si je ne suis véritablement matérialiste, il me tient à cœur que le minimum pour une vie décente soit garanti: un logement et ses charges, de la nourriture saine, la possibilité d’entretenir sa santé et de se faire soigner.
 
- Je suis économe, j’évite le gaspillage.
 
- J’aime le calme, la douceur malgré que j’ai un tempérament passionnel mais largement contrôlé...( si c’est nécessaire)
 
- Je suis indépendante en esprit et relativement objective dans mes évaluations.
 
- Je peux me montrer tendre et affectueuse si cela m’est permis, sinon, je reste réservée.
 
- J’ai une façon quelquefois d’exprimer mes idées et ressentis assez ‘cash’ mais sans volonté de blesser.
 
- Je ne promets rien que je ne puisse tenir.
 
- Je suis discrète et sais garder des secrets. J’ai l’entière confiance de mes ami(e)s.
 
- J’aime autant les plans improvisés que les projets bien préparés et ficelés.
 
- J’aime faire des surprises et être surprise, improviser.
 
- J’ai une grande sensibilité artistique. Les belles choses embellissent la vie.
 
- Le bien-être tant psychologique que physique des êtres qui comptent pour moi m’importe.
 
- J’aime que les choses qui doivent être faites le soient dans des délais ‘raisonnables’.
- Mes devises en général : 'Mieux vaut anticiper que remédier' et 'Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple?'
 
 
Quant aux raisons qui expliquent pourquoi j’ai aimé ou ce que m’indiquerait que j’aime un homme, elles sont les suivantes:
 
- Je me sens tout simplement ‘bien’ avec cette personne, je me sens autorisée à être complètement moi-même mentalement et physiquement.
- Je ressens chaleur et bien-être dans sa proximité physique.
- J’ai un sentiment que les choses ne sont pas compliquées et ne nécessitent pas constamment des justifications, des explications, des mises au point.
- Nous pouvons nous regarder dans les yeux l’un de l’autre sans ressentir gêne et inconfort.
- J’ai le sentiment d’être sur la même longueur d’ondes.
- La vie me semble plus ‘colorée’, plus ‘musicale’.
- Je ressens du désir pour lui et l’entente sexuelle est harmonieuse, satisfaisante pour les deux.
- J’ai envie qu’il se sente aussi bien avec moi que moi avec lui.
- J’ai le sentiment qu’on se connaît depuis plus longtemps qu’en réalité.
- J’aime le voir sourire et rire.
- Je le sens être totalement lui-même.
- J'aime ce qu'il fait, comment il le fait et ses raisons de le faire.
- Sa façon de me regarder me fait me sentir importante à ses yeux.
- J’adore lire son désir dans ses yeux.
- J’aime être embrassée et et câlinée par lui.
- J’ai envie de passer du temps avec lui, de découvrir et partager avec lui.
- Je suis sensible à son regard, sa voix, sa façon d’être en général qui le distingue parmi d’autres.
- Je peux entendre et accepter ses peurs, ses problèmes (mais pas des plaintes et de jérémiades quotidiennes).
- Nous nous faisons confiance intellectuellement et affectivement.
- Il est attentif à moi et a de petites attentions.
- Il partage avec moi ses bonnes nouvelles: ce qui le rend heureux.
- Il est fiable, je peux compter sur son soutien si nécessaire comme il peut compter sur le mien.
- Il ne me laisse pas me débattre avec des problèmes importants comme si de rien n’était.
- Je m'intéresse à ce qui peut le préoccuper.
- Il aime ce que je suis, ce que je fais et comment je le fais.
- Il respecte mon fils.
 
Bref, je suis avant tout sa ‘femme’ (pas forcément mariée) et ‘alliée’ et je ne peux ni ne veux être sa maman, sa nounou, son animal de compagnie, sa 'psy',  son punching-ball anti-frustrations,  une plante,  sa gouvernante en logistique ménagère,  sa servante taillable et corvéable à merci.
 
J’admets que les hommes ont souvent plus de difficultés (pour des raisons d’éducation et de formatage genré) à communiquer ce qu’ils ressentent verbalement.
 
Par contre, je doute que la réponse ‘Pourquoi m’aimes-tu?’ puisse être soldée par un ‘ Je ne sais pas, je t’aime c’est tout’ qui, de mon expérience, se matérialisait le plus souvent par ‘Tu es un bon deal’ dans le sens que les hommes concernés se reposaient entièrement sur moi pour assurer la logistique, l’ éducation de mon fils ( en plus, sans respect pour lui), tout en bénéficiant de mes connaissances et réseau, d’une cuisine plus qu’acceptable, de l’expression de peu de besoins matériels ( habits, soins de beauté, coiffeur...), d’une très bonne gestion financière, de relations sexuelles agréables, d’un cadre de vie équilibré sans devoir y contribuer et de mon intelligence (et sens pratique) pour régler essentiellement leurs problèmes ou encore calmer leurs blessures du passé.
A cet égard, oui, je devais être un ‘bon deal’...mais je ne suis pas un lave-linge.
 
Dans la phase de séduction évidemment, l’homme averti, ayant compris que certains éléments-clés chez moi son susceptibles de me ‘faire craquer’, me gratifia d’ un certain nombre d’indices qui pouvaient me faire croire que nous nous ‘entendrions bien, et plus’ mais le vernis ne tint en général pas une année...
 
 
 
 
 
 

08:22 Écrit par Tuala dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

'Trop tard ? ...pas pour tout

‘Trop tard’ est bien une expression que je déteste.
 
Elle a deux sens : soit il est trop tard pour changer ce qui s’est déjà réalisé et sur lequel nous n’avons plus d’impact, soit il est trop tard car nous considérons que certaines choses ne seront plus jamais possibles.
Le premier sens que j’ai évoqué me dérange le moins dans la mesure où quoiqu’il ait pu en être, nous avons appris au travers d’expériences ( parfois fort douloureuses) à dépasser des choses, à comprendre.
 
Si nous ne pouvons plus rien y changer, nous pouvons toujours tenter une réparation, une compensation, une sublimation au meilleur des cas peut-être. De toute manière, ces évènements passés ont façonné l’être que nous sommes aujourd’hui et nous a placés dans la situation actuelle dans laquelle nous nous trouvons.
Le deuxième sens sonne davantage comme un couperet, la lame qui vient faucher les fleurs de nos espoirs, de nos envies, de nos rêves. Il résonne comme le mot ‘fin’, ‘ game over’, ‘vous n’avez plus de vies en réserve’. Il me blesse si profondément parce que le dernier ‘c’est trop tard’ de ce genre que j’ai entendu fut prononcé par mon grand-père paternel sur son lit d’hôpital, quelques heures avant sa mort.
 
Pour lui, il le savait, il était ‘trop tard’ puisqu’il sentait déjà la mort rôder près de lui. Je lui tenais la main, je refusais cette évidence si claire pour lui mais loin d’être acceptable pour moi. Je me souviens que j’essayais encore par tous les moyens de lui faire manger un peu de crème et de lui faire accepter une cuiller d’un tonique miel bio que j’avais acheté pour lui. Il refusa obstinément avec ce ‘ C’est trop tard, non, je ne veux pas, c’est trop tard’. Il ne me semblait pas que c’était trop tard parce qu’il vivait encore sous mes yeux et tant qu’on n’est pas mort, il n’est pas ‘ trop tard’.
 
Qu’y avait il dans son ‘Trop tard’ à lui? Dans ce ‘Trop tard’ que moi je refusais de toute mon âme?
Pour lui, je ne peux que formuler des hypothèses en retraçant les choses que je savais de sa vie... Pour moi, c’était un ‘ Non, pas maintenant’, pas maintenant alors que pour la première fois de ma vie, j’avais pris doucement sa main qu’il a serrée affectueusement à son tour, que pour la première fois en 35 ans je lui ai dit ‘ Je t’aime’ et qu’il m’a répondu si doucement ‘ Moi aussi je t’aime’. Il m’avait élevée avec sa seconde femme, ma grand-mère, à la dure, à l’ancienne et en même temps comme un gladiateur.
 
Jamais nous n’avions été proches, jamais nous n’avions échangé de paroles douces, affectueuses, tendres, encourageantes. Jamais non plus nous n’avions eu un geste de tendresse l’un envers l’autre. Il a été longtemps considéré à mes yeux d’enfant et d’adolescente comme l’ennemi dont j’ai souhaité et rêvé la mort bien souvent à l’époque car je haïssais sa position dominatrice, sa rudesse, sa rigidité. Notre relation pouvait se résumer à un combat avec des périodes de cessez-le-feu.
 
A l’âge de 17 ans et demi, j’ai quitté le champ de bataille mais il y eut d’autres combats hors champ. Les luttes s’estompèrent vers ses dernières années de vie pendant lesquelles il était devenu plus ou moins dépendant de moi. Je fis de mon mieux pour que ses dernières années furent acceptables. Pourtant, après coup, j’ai regretté ne pas en avoir fait plus pour lui. Avec les années, je ne peux pas dire qu’il s’était réellement adouci mais il montrait à de rares occasions des émotions qu’il ne m’avait jamais montrées, comme le jour où je lui annoncé mon divorce : il a pleuré...je ne l’avais jamais vu pleurer. Il y eut aussi le jour où je lui annoncé ma première exposition de peintures et la grande fierté qu’il a alors dévoilée. J’ai dû prendre des décisions difficiles chaque fois qu’il a dû subir des opérations et plus que tout, j’ai sauvé ses cinq dernières années de vie en autonomie dans son minuscule deux pièces.
 
Après son avant-dernière opération, mon père ( son fils) estimait qu’il était temps de le placer définitivement en maison de retraite (de la CPAS, car il ne pouvait pas se permettre un home correct). Ce qui fut fait. Mon grand-père a failli y mourir. Il avait par deux fois tenté de se suicider. J’ai fait des pieds et des mains, contre la volonté de mon père, pour l’en sortir. Il avait alors 85 ans, pas très mobile mais toute sa tête comme on dit. Il voulait vivre ‘chez lui’, ne pas mourir dans un home, ne pas avoir des couches de nuit, ne pas avoir un thermomètre à 6h du matin et ne pas manger son repas du midi qu’il ne pouvait pas choisir, à 11h. Je comprenais. Je n’aurais pas aimé non plus que l’on m’impose cette vie. Finalement, je réussis à le sortir de là et à le reloger dans un tout petit logement social de 15 m2. Mon père me traita d’irresponsable. ‘ A son âge! Il ne lui reste peut-être un ou deux ans à vivre! C’est toi qui t’en occupera alors!’. J’ai répondu que même s’il ne lui restait qu’un an à vivre, à mes yeux, cela en valait le coup et que oui, je m’en occuperais, seule. C’était pourtant encore mon ennemi, celui qui m’avait jetée à la porte au moins cinq fois.
 
Mais même ses ennemis, on les respecte. Peut-être aussi parce que le ‘c’est trop tard’ , je ne voulais rien en savoir. Mon grand-père a donc vécu encore cinq ans, seul dans son tout petit ‘studio’ minable mais chez lui tout de même, à manger ce qu’il voulait, à dormir quand il voulait, à regarder ce qu’il avait choisi à la télévision. Cela n’a pas été facile pour moi d’assumer cette situation mais je ne regrette rien sauf de ne pas avoir pu me rapprocher de lui avant ses dernières heures, de ne pas lui avoir dit que j’avais compris pourquoi il m’avait élevée avec tant de rudesse.
 
Le dernier ‘cadeau’ que je lui ai fait fut de faire venir à son lit d’hôpital ses deux fils avec lesquels il s’étaient brouillés et qu’il ne voyait plus, et leurs femmes avec qui il s’était disputé aussi. Tout le monde s’est pardonné et embrassé avant son grand départ. Pour cela, il n’a pas été trop tard.
 
Avec mon père aussi, il y eut un ‘trop tard’, ‘game over’... Deux ans et demi après la mort de mon grand-père ma grand-mère aussi internée en home, décéda complètement ravagée par la maladie l’Alzheimer cinq mois après lui). Nous nous étions enfin réconciliés après cinq années de black-out total. Nous commencions à peine à construire les prémices d’une relation ‘père-fille’ qui n’avait jamais vraiment eu sa chance d’exister, lorsque le destin décida pour nous que cette histoire resterait à jamais en suspend comme un livre dont le préambule aurait à peine été rédigé. Je n’ai pas eu le temps de lui dire quand il était encore conscient que je l’aimais tout de même. Je le lui ai dit dans son coma. Peut-être que ce n’était pas ‘trop tard’.

08:02 Écrit par Tuala dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/04/2008

Temps subjectif

Rapport entre la conscience et l'écoulement du temps

Tout le monde a très probablement remarqué le fait suivant :

  • Lorsqu'on vit une expérience désagréable, le temps semble s'écouler plus lentement.
  • Lorsqu'on vit une expérience agréable, le temps semble s'écouler plus rapidement.

Cette constatation nous mène à nous poser une question fondamentale. Puisque l'écoulement du temps nous paraît si différente selon les moments, qu'en est-il de l'écoulement réel du temps indépendamment de nous ?

Nous avons une sensation de l'écoulement du temps, mais cette sensation étant différente selon les moments, nous pouvons penser que l'écoulement du temps que nous croyons réelle n'est peut-être qu'une illusion, une sensation programmée dans notre cerveau.

 À quelle vitesse le temps peut-il s'écouler si nous-même avons une perception si variable de son écoulement ?

Frank Tipler introduit une notion de temps subjectif qui se distingue du temps physique. Selon Tipler, une unité de temps subjectif correspond à une information traitée (l'esprit étant considéré comme un un système de traitement). La sensation d'écoulement du temps serait donc différente selon la quantité d'information que l'esprit humain est en mesure de traiter et donc dépendrait du stade d'évolution de celui-ci.

Des considérations en théorie des cordes amènent à penser que le temps physique ne s'écoule pas. La conscience parcourrait le temps qui est figé, un peu comme une voiture parcourt une route.

La situation se complique lorsque l'on se place dans le cadre de la théorie d'Everett. Dans ce cadre, l'évolution du monde n'est pas linéaire mais arborescente.

 À chaque instant l'évolution emprunte simultanément toutes les possibilités prévues par la mécanique quantique, et on peut alors légitimement se poser la question de savoir ce qu'il advient de la conscience individuelle.

Notre conscience se divise-t-elle aussi pour coexister simultanément dans des mondes parallèles ? Paul Jorion répond négativement à cette question. Selon lui, la conscience emprunterait le chemin d'évolution qui est le plus favorable pour elle...

source :http://fr.wikipedia.org/wiki/Science_et_conscience

 

la 'conscience' serait-elle donc 'quelque chose qui existe indépendamment de notre corps physique' et qui a un pouvoir décisionnel ?

08:43 Écrit par Tuala dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

12/01/2008

Question de Temps...

La durée selon Bergson

L'un de ses thèmes de prédilection est le temps

Bergson oppose durée de la conscience et temps scientifique.

Le temps que mesure la science est à ses yeux autre chose que le temps vécu par la conscience, c'est une abstraction construite par la mise en parallèle d'événements dans le temps et de simultanéités dans l'espace.

Lors de l'étude de la trajectoire d'un mobile, les points de l'espace atteints successivement à une seconde d'intervalle sont notés en utilisant la simultanéité du passage avec le signal d'une horloge.

La science mesure le temps de manière discrète, le flux continu de la durée entre deux signaux d'horloges n'est pas pris en compte. Ainsi le temps apparaît dans une équation mathématique comme une variable que le scientifique ajuste à sa guise.

Dans la prédiction d'une éclipse solaire, par exemple, l'astronome connaît la position relative de la terre et de la lune par rapport au soleil en avançant l'aiguille du temps, il n'a pour cela qu'à modifier la valeur de la variable 't' dans les équations décrivant les orbites.

Mais pour la conscience le temps est d'une autre nature, ce qui importe c'est justement le flux continu qui s'écoule entre les bornes que la science mesure.

Sans remettre en cause la légitimité de l'opération scientifique d'abstraction du concept du temps, il nous avertit que nous substituons inconsciemment la conception d'une durée vécue par une conception entachée de cette notion de temps scientifique, que nous avons en quelque sorte « spatialisé le temps ».

Voici un exemples culinaire : une personne remarquait que les fours micro-ondes étaient de curieuses machines, en effet, si l'on décongelait du pain en deux fois cinq minutes on obtenait un résultat différent d'une décongélation en dix minutes.

Cette personne est manifestement victime de la spatialisation du temps ! Elle a manipulé les deux intervalles de temps de cinq minutes comme des intervalles d'espace, les a mis bout à bout comme deux segments de droites et pensait obtenir un segment de droite de dix minutes, dès lors elle s'étonnait que ce segment n'était pas équivalent aux deux autres plus petits, comme il se devait comme quand on manipule de l'espace.

(C'est là où symboliquement et/ou intuitivement, je revendiquais que 2 + 3 ne font pas toujours 5 Motus)

 Mais il s'agissait de temps, elle oubliait de considérer le temps qui continuait a s'écouler indivisé après la première petite décongélation, que le pain avait évolué lorsque la deuxième petite décongélation a démarré, et que fatalement le point de départ étant différent, le résultat fut différent.

Cette spatialisation du temps est la source de faux problèmes qui s'introduisent dans le débat philosophique.

En rendant au temps sa nature continue ces faux problèmes se résolvent d'eux mêmes comme autant de mirages.

17:40 Écrit par Tuala dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/01/2008

Eve et Adam, confiance brisée

La confiance de l'homme en la femme depuis longtemps brisée...

Et pour cause...notre inconscient collectif fut marqué par la Faute d'Eve par sa transgression de l'interdit dans laquelle elle a entraîné Adam, épisode suivi du bannissement du Paradis et de toutes les souffrances dès lors que les générations suivantes allèrent endurer afin d'expier cette Faute...

Un  double pavé dans la marre de la Femme symbolisée par Eve: non seulement, elle montre qu'elle est un être faible, sans beaucoup de volonté, puisqu'elle se laisse tenter par la proposition du serpent, qu'elle a peu de discernement pour ainsi croire le serpent ou du moins interpréter ses paroles comme un message intéressant mais en plus, elle se montre totalement dépourvue d'obéissance à un être supérieur (Dieu).Bref, pas fiable du tout notre chère Eve.

Adam, lui-même, est montré comme un imbécile qui ne met pas beaucoup de temps à céder lui aussi à la tentation de la pomme, abruti et aveuglé par la stratégie de séduction d'Eve.

Le moins qu'on puisse se dire, ce n'est certes pas lui qui détient le rôle du plus sage et du plus intelligent. Oubliée la raison, oublié l'interdit, oubliée  la peur du châtiment, il n'est guère plus élevé qu'un animal soumis à ses pulsions sexuelles....et cet état, c'est Eve qui l'y a mis ...qu'on a dit...

C'est dire la force de cette petite histoire qui montre le pouvoir d'une femme sur un homme, avec sa capacité de le faire passer en un tour de main d'un être pensant à un animal. Adam n'a pas mis plusieurs jours pour croquer à son tour la pomme...en plus, c'est une transformation fulgurante, digne de Circé qui transformait par ses maléfices ses mâles captifs en cochons esclaves.

Il y a de quoi frissonner dans les chaumières des hommes...

Du moins, si l'on interprète tout cela au premier degré, ce qui arrangea bien les hommes, afin d'enfermer une fois pour toutes la femme dans un rôle totalement secondaire, absente des pouvoirs politiques, scientifiques, économiques, philosophiques et artistiques.

Cuisine, reproduction, et éducation, le tout A LA MAISON, surtout pas à l'extérieur. Une véritable mise en quarantaine pour des siècles et des siècles.

On pouvait la penser comme 'objet' mais surtout pas( plus comme 'sujet').

Cependant, si l'on veut bien, on peut faire une relecture de ce 'conte originel'.

Ce que Eve montre peut très bien être le reflet de ce qu'il y a en Adam aussi: l'envie, la curiosité, le désir d'accéder à la connaissance interdite. En un mot: la part féminine qui est en lui; tout comme Eve, par son acte intrépide montre la part masculine en elle. Le serpent( osera-t-on se l'avouer ?) nous fait quelque peu penser au symbole phallique....qui séduit Eve, comme un attribut mâle qu'elle s'offrirait bien.

Ce que l'homme n'accepte pas de lui-même,refoulée, voilà qu'Eve le lui met sous le nez. Pas de fuite possible: il est soudain confronté à son 'côté obscur' et n'y ayant pas été préparé, il craque d'une pièce: il cède.

Il en veut à Eve qui lui a ainsi dévoilé ce qu'il n'avait pas envie de savoir de lui-même, pire, elle a suscité le passage à l'acte...

Tout ce qui lui avait semblé de sûr, sa morale, son obéissance à Dieu, n'étaient qu'un bien mince vernis...Sa confiance en lui est ébranlée: il se découvre faillible. Il ne pourra pas le pardonner à Eve, elle qui a assisté à cette mise à nu de son imperfectibilté.

Le Paradis dans lequel il se sentait si parfait, si solide, si protégé, en harmonie devient l'Enfer de l'homme se découvrant imparfait....parce qu'il ne connaissait pas une partie de lui même. Révélée une seconde fois par la Pomme de la Connaissance ( connaissance du bien et du mal - en chacun de nous ?) : il sait maintenant ce qu'il est. Eve aussi. Ils perdent leur paradis des certitudes.

Dieu, aussi, soi dit en passant a dû se poser quelques questions...

Après tout, il les avaient dorlotés dans un univers sans doutes, sans soucis, bien drillés ( pensait-il ) à suivre sa sagesse et ses règles et le voilà avec deux dissidents sur les bras ! Il les avait pourtant avertis...formés...mais rien à faire. Il n'a plus qu'à les laisser gérer leur connaissance de soi et de se débrouiller avec.

Ou alors, il avait tout prévu...et savait bien que la Pomme ne mettrait pas longtemps à être mangée. Après tout, fin psy qu'Il est, quoi de mieux qu'interdire pour encourager à la transgression ? et Je suis preneuse de cette hypothèse-là !

Il savait. l'Homme et la Femme devaient découvrir ( et accepter) qu'ils ont chacun une part de l'Autre en soi, les condamnant à une complémentarité à vie. L'un ne se connaîtrait pas parfaitement sans l'autre. Leur évolution et celle du monde en dépendrait.

Cependant,l'homme et son instinct viscéralement dominateur, ne l'entendait pas de cette oreille. Du pain bénit cette histoire d' Adam et Eve pour eux! Quelle magnifique motif pour justifier la mise en boîte de la femme( son inconstance, sa lubricité, sa luxure, sa sottise, son penchant pour la désobéissance).

13:25 Écrit par Tuala dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

05/01/2008

Capter toute lumière

Maeterlinck

' Nous attendons je ne sais quelle coïncidence heureuse, où les yeux de notre âme sont ouverts par hasard dans le moment où quelquechose d'extraordinaire nous arrive.

Mais il y a de la lumière dans tout ce qui  arrive et les plus grands hommes n'ont été grands ue parce qu'ils avaient l'habitude d'ouvrir les yeux à toutes les lumières.'

Cet extrait du ' Trésor des Humbles' de Maeterlinck nous rappelle que nous pensons  bien souvent que quelque chose de 'magique', 'lumineux' ne peut nous arriver que par 'voie extraordinaire' .

C'est partir à la base de l'idée qu'il y a des lumières extraordinaires qui ne peuvent nous arriver que de l'extérieur et que nos yeux (de l'âme) ne sont ,par dessus le marché, pas toujours ouverts au même moment.

Voilà qui condamne l'être humain à l'abscence d'accéder à quelque chose qui illuminerait sa vie puisque cette 'coïncidence' a une bien faible probabilité de survenir.

C'est le désir de l'enfant de pouvoir être éveillé au moment précis où (de principe) 'l'insaisissable' Père Noël sort de la cheminée et dépose les cadeaux.

C'est aussi toute l'imagerie chrétienne de la 'Lumière divine'  ( venue des Cieux) qui vient nous toucher par une certaine 'grâce' ( évoquée par Saint Augustin) - à condition de l'avoir mérité- et nous transforme et donc transforme notre vie.

Pourtant, dans le message évangélisant , dans son contenu, la 'Lumière' est supposée habiter en nous, comme étant une partie toujours vivante et donnée pour preuve même de l'existence de la Lumière divine(située au-delà)'

Cette 'partie' de Lumière en nous semble donc rester muette et inopérante tant qu'elle n'a pas été 'allumée' par sa source venue de 'plus haut' par l'instrument de la Grâce.

Le message de Maeterlinck nous invite donc à sortir de cette 'attente magique, enfantine, passive et finalement frustrante'.

Il nous délivre du hasard, de la coïncidence, du mythe du 'Prince Charmant' faisant (selon moi) partie de la même panoplie à laquelle l'on nous accoutume dès l'enfance.

Ici, je me permets un honteux raccourci: il n'y a pas de hasard.

De belles choses sont constamment devant nos yeux mais à s'imaginer qu'elles ne sont pas les choses 'attendues', revêtues d'un habit de lumière 'extraordinaire' et envoyées de l'au-delà, l'on passe facilement à côté.

Les pépites d'or ne se présentent-elles pas sous l'aspect de vulgaires pierres ? Avons-nous un don de voyance pour deviner qu'à l'intérieur se dissimule un métal précieux? Non, il faut avoir l'intuition, la faculté de l'observation ( qui se travaille) simplement pour penser qu'en grattant la couche de pierre, l'on trouvera la pépite.

Je dirais aussi: 'Arrête de regarder vers le ciel, tu finiras par te casser la figure et ne rien voir du fabuleux paysage qui défile autour de toi. Regarde devant toi, autour de toi et où tu mets tes pas.'

10:57 Écrit par Tuala dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

L'insoutenable poésie

J'aime beacoup cette'définition' de la poésie émise par Alain :

'Qu'est-ce qu'un poème, sinon l'insoutenable soutenu?'

 Je rapprocherais volontiers les poèmes de Rimbaud à cette phrase d'Alain...

10:15 Écrit par Tuala dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |